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À propos des ressources CIDJ, paroles des professeurs documentalistes

-  E-profsdocs - Geneviève Pug, vous êtes enseignante documentaliste au Lycée Paul Arène à Sisteron, Superviseur CORRELYCE, Référent Numérique et Culturel dans votre établissement. Vous avez récemment pris part à une conversation sur la liste de diffusion e-docs (liste de diffusion de Docspourdocs : http://docsdocs.free.fr/) à propos de Actuel-cidj.info. Pouvez-vous nous indiquer de quoi il s’agit.

- Geneviève Pug - Actuel-Cidj.info est une ressource d’information sur les métiers, considérée par les personnels de l’orientation comme un incontournable. On y trouve 310 dossiers thématiques sur les métiers et les formations, la vie pratique, les loisirs et la mobilité internationale, ainsi que quelques 200 vidéos métiers et cette ressource donne accès à un espace professionnel (articles d’actualité, chiffres-clés, revue de presse...).

-  EPD - La conversation sur la liste e-docs à débuté par des échanges à propos de la version papier de ce titre, et de l’opportunité d’en renouveler les abonnements. Pouvez vous nous expliquer pourquoi, et quelles sont les différences entre les versions papier et électronique ?

- GP - Les conseillers d’orientation nous conseillent régulièrement d’abonner les établissements au CIDJ, qu’ils considèrent comme un incontournable. Pour autant, le coût est élevé, les consultations des fiches en autonomie par les élèves sont rares, ils ont besoin d’être guidés et aidés dans le maniement des classeurs et cela se fait au coup par coup, à la demande.

D’une part, le travail de mise à jour des fiches qui incombe au professeur documentaliste est important et, d’autre part, les interventions ponctuelles pour aider les élèves se multiplient, interférant sur les autres tâches. Du coup, les collègues enseignants documentalistes sont souvent partagés entre le désir de répondre à la demande des collègues enseignants de discipline ou Conseillers d’Orientation et la volonté de privilégier l’usage des budgets du CDI sur les titres les plus utilisés. On a beau considérer qu’un titre nous semble très pertinent, au final, ce sont les consultations et les prêts qui servent d’arbitre.

Par rapport à la version papier, la version électronique reprend les mêmes contenus, mais avec quelques atouts complémentaires. D’abord, on bénéficie d’outils de recherche très pratiques, avec recherche par mots clés dans les dossiers, ce qui permet de consolider des apprentissages en info-doc acquis au collège. L’enseignant documentaliste peut organiser des séances avec des demi-groupes classes dans une salle multimédia équipée d’un vidéoprojecteur. Les élèves peuvent récupérer les fiches sélectionnées au format pdf, avec une première page d’avertissement sur le droit d’auteur, notion que nous abordons aussi dans le cadre de plusieurs dispositifs (AP, TPE, etc.) ou en transdisciplinarité avec des collègues enseignants de disciplines, et les enregistrer sur un clé ou dans leur session, ce qui leur évite de se reconnecter sur la plateforme pour les consulter.

Du point de vue de l’enseignant documentaliste, il n’y a plus de mise à jour des classeurs à faire et ces interventions ne sont plus ponctuelles mais s’intègrent dans une progression des apprentissages en info-doc pour tout un groupe. L’espace libéré par la suppression des classeurs au profit d’un « espace numérique » n’est pas non plus négligeable, surtout dans un petit CDI.

La disponibilité de la version électronique répond à la demande des conseillers d’orientation, tout en facilitant les accès. Devant répondre à de nombreux élèves, ils n’ont pas toujours la possibilité de présenter la ressource aux élèves et de leur montrer comment l’utiliser. C’est généralement moi qui le fais avec les élèves de seconde quand je leur présente les ressources, notamment électroniques, du CDI. Je préfère passer du temps à présenter une ressource aux élèves qu’à classer des fiches. L’atout c’est qu’au cours d’une séance, avec un ordinateur et un vidéo projecteur, on peut étudier une fiche avec tout un groupe classe, utile pour les Bac Pro qui sont par nature déjà spécialisés et pour lesquels les métiers recherchés vont être de même catégorie. En salle multimédia, les élèves observent et ensuite pratiquent.

- EPD - Vous utilisez actuel-cidj.info via CORRELYCE. En quoi cela diffère-t-il du fonctionnement habituel du titre et quels avantages y trouvez-vous ?

- GP - Correlyce permet un accès unique et structuré à un ensemble de ressources en ligne couvrant plusieurs domaines et utiles à plusieurs disciplines via une seule identification.
Cela sera encore plus évident dès la mise en place d’un ENT, les élèves n’auront plus besoin de s’identifier sur Correlyce car il sera intégré à l’ENT de l’établissement. La nécessité de s’identifier sur une plateforme est souvent un frein, pour les élèves, à l’utilisation des ressources mises à disposition car ils choisissent souvent la facilité en surfant sur un moteur de recherche et en cliquant sur la première réponse trouvée.

La formation que je dispense auprès des élèves leur sert aussi à réaliser la pertinence des réponses trouvées, la fiabilité des sources, qu’ils pourront citer, sur un bouquet tel que Correlyce mais, également, en consultant la base documentaire. Correlyce représente, pour l’établissement et pour les équipes pédagogiques, un moyen de choix d’unifier les accès aux ressources numériques de qualité et permet d’en développer l’usage. Les élèves comme les enseignants y trouvent aisément, via le menu « Mes titres », les titres qui leur sont disponibles ; et, pour définir cette disponibilité, le superviseur Correlyceque je suis, et il y en a un par établissement, dispose des outils pour ajouter ou pas l’accès à divers titres gratuits, commander des abonnements payants, et, le cas échéant, les affecter à des classes ou des usagers individuels. Je fais le choix des ressources en concertation avec mes collègues enseignants de discipline et j’essaie de couvrir toutes les filières présentes dans l’établissement.

Certes, cela représente un travail supplémentaire mais s’agissant de ressources pédagogiques, je pense que cela relève de la politique documentaire de l’établissement et des compétences de l’enseignant documentaliste. Cela peut se faire de façon plus formelle via le conseil pédagogique avec l’aval du chef d’établissement.

Dans le cadre du plan DUNE, Correlyce nous a aussi permis de gérer les accès aux ressources acquises sur CCR, facilitant ainsi considérablement leur mise en usage.
S’agissant du titre actuel-cidj.info, le principal avantage réside dans la mise à disposition directe auprès des élèves, au lycée comme au domicile, en accès “nomade”, sans, pour autant, que l’éditeur n’ait jamais accès aux informations nominatives. L’accès est automatiquement ouvert à tous les usagers de l’établissement, je n’ai pas a transmettre de listes à l’éditeur, ce qui me permet d’ailleurs de ne pas enfreindre les règles Informatique et libertés. A priori, seul le superviseur Correlyce a accès à des tableaux listant les accès aux ressources, le titre des ressources et le code et statut du “visiteur”. Certes, par recoupement avec la liste des usagers et leurs identifiants, il pourrait voir qui va voir quoi, mais il n’y a aucun interêt à le faire et ce serait contraire à la CNIL.

Enfin, avec Correlyce, l’établissement peut acquérir l’abonnement sur la subvention allouée par le Conseil régional, ce qui allège d’autant le budget du CDI.
Évidemment, cela ne concerne que les lycées de la région Provence-Alpes-Côté d’Azur, mais des services analogues sont annoncés prochainement en Rhône-Alpes et Aquitaine.

- EPD - Est-ce que vous utilisez d’autres supports pour l’orientation et les métiers ?

- GP - Nous avons, comme la plupart des établissements, les docs Onisep, mais ils sont limités à la consultation sur place, comme l’étaient les classeurs CIDJ. Depuis cette année, nous avons aussi un abonnement à canalmetiers.tv, mais je n’ai pas assez de recul pour estimer si elle est utilisée ou simplement utile ; je verrai plus tard, en consultant les usages, si je la renouvèle ou pas et ce, en concertation avec mes collègues et mon chef d’établissement.

Le CDDP 04, en la personne de M. Didier Imbert, nous fournit aussi, si nous le sollicitons, des statistiques d’utilisation des ressources sur l’année sous forme de tableau, ce qui permet d’avoir une vision plus claire des fréquentations, avant ou après formation des élèves, etc. J’ai pu ainsi constater qu’ ActuelCIDJ est la ressource la plus fréquentée.

Ces tableaux nous guident dans notre choix de renouvèlement ou nous éclaire sur l’usage qui est fait des ressources pour peu que l’on ne s’arrête pas à des chiffres. A titre d’exemple, nous avons constaté qu’une ressource acquise sur la subvention et demandée par une collègue n’était que ponctuellement utilisée. Après consultation de la collègue, il s’est avéré qu’elle utilisait essentiellement la ressource en classe avec un TBI ou un vidéoprojecteur et qu’elle ne souhaitait pas s’en passer. Elle a fait une démonstration à ses collègues de la même discipline qui ont adhéré et l’ont intégrée à leurs pratiques et nous l’avons renouvelée.

Quoiqu’il en soit, le titre de Superviseur Correlyce, et le travail supplémentaire que cela implique s’inscrit dans les compétences attendues d’un Référent numérique établissement (BA Spécial n°259 de juin 2012), conseiller, former au usages du numérique, mettre en relation les équipes pédagogiques avec les points Acar et/ou les CDDP, etc., aussi est-il fréquent que celui qui accepte d’en remplir les missions soit l’enseignant documentaliste qui peut prétendre à l’IFIC/Référent Numérique.