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Collaborer pour apprendre, la troisième voie sur l’autoroute de l’information

lundi 17 septembre 2012, par Bréda Isabelle

Les conférences sonores de Orme 2.11 : Thérèse Laferrière, Université de Laval, Québec

Thérèse Laferrière, mars 2011 :
La salle de classe fait partie de notre histoire et elle est fortement inscrite, que l’on soit apprenant ou enseignant, dans notre culture. La prestation de l’enseignant d’habitude s’enrichit par les illustrations qu’il présente en utilisant un support technologique quelconque. Ainsi n’est-il pas surprenant de voir aujourd’hui se déployer les salles équipées de projecteurs électroniques et de tableaux numériques interactifs, afin que l’intervenant puisse mieux capter l’attention de son audience (voie 1). Pour tous ceux pour qui un tel accès à l’information « ne vaut pas le déplacement », l’apprentissage à distance est devenu l’alternative.
Michel Serres (1er mars 2011) faisait remarquer à l’Académie française que l’individu « ne sait plus se tenir en classe, il remue et bavarde .... voici des jeunes gens auxquels nous prétendons dispenser de l’enseignement, au sein de cadres datant d’un âge qu’ils ne reconnaissent plus : bâtiments, cours de récréation, salles de classe, bancs, tables, amphithéâtres, campus, bibliothèques, laboratoires même, j’allais même dire savoirs... cadres datant, dis-je, d’un âge et adaptés à une ère où les hommes et le monde étaient ce qu’ils ne sont plus. ».
La revue The Economist (3 février 2011) vient de mettre en évidence la notion de disruptive innovation appliquée à l’éducation (Christensen et Horn, 2008), suite à la sortie du rapport The rise of K-12 blended learning, qui fait la promotion de la salle de classe hybride (brick & click) : 50 % d’enseignement à un groupe (voie 1) et 50 % d’enseignement individualisé ou personnalisé au moyen de leçons et autres contenus interactifs en ligne (voie 2). Le progrès technologique, les difficultés économiques et les résultats de recherche aidant, cette deuxième voie est en pleine croissance.
Les modèles dits communauté d’apprentissage (coA), communauté de pratique (coP) et communauté d’élaboration de connaissances en réseau (CoÉco) empruntent la troisième voie de l’autoroute de l’information. Cette voie n’est pas pour les plus lents, et il faut savoir conduire ! Peu importe l’âge des apprenants, l’organisation du groupe-classe se fait plus complexe et sa conduite plus difficile : il faut gérer les interactions personne-à-personne au sein d’un espace d’apprentissage visiblement plus participatif. Pourtant, l’expérience d’une telle dynamique de classe n’est pas récente et la référence à Freinet est toujours d’actualité. Cette troisième voie est moins fréquentée. Pourtant, les sciences de l’apprentissage en démontrent l’importance pour des apprentissages en profondeur. Nous centrerons notre propos sur l’emprunt de cette troisième voie.

MP3 - 32.3 Mo

Écoutez la conférence de Thérèse Laferrière à Orme 2.11 (35 minutes)
Thérèse Laferrière s’est engagée dans l’étude du mode collaboratif qui se déploie à l’ère des réseaux alors qu’elle prenait la direction d’un programme de recherche sur la formation des pédagogues, au sein du Réseau des centres d’excellence du Canada en télé-apprentissage (RCE-TA/TeleLearning NCE, 1995-2002) et après 13 années dans l’administration universitaire, incluant deux mandats à titre de doyenne de faculté (1987-1995). Elle est présentement directrice du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES), un centre multi-universitaire québécois.