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Entre laboratoire et terrain : comment la recherche fait ses preuves en éducation

Un dossier d’Olivier Rey, Chargé d’étude et de recherche au service Veille et Analyses de l’Institut Français de l’Éducation (IFÉ).

Cet dossier restitue les termes du débat sur l’EBE ( Evidence-based education), porté en France par le courant des psychocogniticiens.
L’expression evidence-based education a en effet cristallisé dans plusieurs pays d’influence anglophone le débat quant aux objectifs et aux méthodes de la recherche en éducation.

Si on appliquait les principes de l’EBE au numérique, on proposerait sans doute d’arrêter immédiatement le développement des usages du numérique, puisqu’aucune recherche n’a produit de « preuve » de l’efficacité pédagogique du numérique.

Cela renvoie aussi aux propos de Jean-Louis Durpaire à Avignon le 15 janvier dernier : la question de l’efficacité du numérique est probablement sans fondement, parce qu’on ne peut pas comparer une école numérique et non numérique : l’école doit former à la société d’aujourd’hui, et une école qui formerait sans numérique ne répondrait pas à cet enjeu. Cela renvoie aussi à d’autres travaux, notamment ceux d’Alain Chaptal sur l’efficacité comparée du numérique en France et aux États-Unis. Sa conclusion va dans le même sens : rien ne prouve l’efficacité propre du numérique dans l’enseignement, mais il est impensable de ne pas y avoir recours chaque fois que c’est possible. L’enjeu est bien avant tout sociétal. En corollaire, on peut aussi rappeler que l’efficacité est généralement mesurée à l’aune de techniques d’évaluation qui ne prennent pas en compte le numérique, en particulier dans les compétences sociales.

On retrouve ici les critiques faites aux approches « evidence based », en particulier en médecine. La force de la preuve renvoie souvent à des regards focalisés à l’excès, appuyés sur des mesures qui ne prennent que peu ou pas en compte les contextes, voire qui modifient même par leur existence même la pratique d’enseignement.

Alors, contestation fondamentale de l’EBE, ou critique de son mode d’utilisation souvent illustré par des exemples trop triviaux, voire paradoxaux ? A moins que l’EBE ne soit le moyen de découvrir que les modalités d’enseignement et d’apprentissage relèvent d’une complexité qui justifie, justement, des démarches de recherche complexes, s’intéressant aux relations systémiques de l’apprenant et de l’école avec la société, du savoir avec la connaissance et les apprentissages...

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Voir en ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA-Veill...