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L’éducation aux médias : nouveaux repères

vendredi 1er mars 2013

Intervention de Odile Chenevez

[Ce texte est une réinterprétation et une adaptation d’une communication faite le 11 septembre 2009 au séminaire GRCDI, Urfist de Rennes, Université de Rennes 2 : http://culturedel.info/grcdi/ ]

 1. Educations à…

1.1. Les questions vives reléguées aux interstices scolaires

Parmi ce qu’il convient d’enseigner à l’école, les dimensions les plus problématiques, les questions vives qui engagent dès aujourd’hui la vie du jeune citoyen, sont reléguées aux interstices du temps scolaire : la santé, l’environnement, les médias. Elles sont même parfois confiées à des officines extérieures… Faire appel à des intervenants extérieurs peut être stimulant à condition que l’on se décharge pas sur eux de la responsabilité éducative concernant ces domaines.

Education à l’information (EAI), aux médias (EAM), au numérique (EATIC), trois approches historiquement diverses et aujourd’hui convergentes.
- L’EAI provient de la culture de la documentation.
- L’EAM provient de la culture des l’éducation à la citoyenneté et de « la presse à l’école ».
- L’EATIC provient de la culture informatique.

1.2. La compétence médiatique dans un monde numérique

Voir en Annexe : L’analyse de la Résolution du Parlement européen du 16 décembre 2008 sur la compétence médiatique dans un monde numérique (2008/2129(INI). Il s’agit ici d’un texte officiellement dédié au développement de l’éducation aux médias. Le découpage proposé est destiné à mettre en valeur les éléments provenant de chacune des 3 cultures : EAI, EAM, EATIC.

 2. La culture EAI / EAM

2.1. Une problématique EAI / EAM

La question essentielle est celle d’un changement dans notre rapport au savoir et à la connaissance, du fait des technologies numériques, d’Internet et du Web interactif. Ce changement est-il important ? Est-il radical ? Les observateurs semblent aujourd’hui converger pour l’affirmer, mais pas forcément là où peut l’attendre a priori. Par exemple, à l’occasion d’un colloque aux USA sur La société de la requête et la googlisation de nos vies, le chercheur Geert Lovink (2008) en signale l’un des aspects.

Un spectre hante les élites intellectuelles du monde : la surcharge d’information. […] Avant l’internet, les cours des mandarins reposaient sur l’idée qu’ils pouvaient séparer le bavardage de la connaissance. Avec la montée des moteurs de recherche, il n’est plus possible de distinguer les idées des patriciens des potins des plébéiens. La distinction entre la base et le sommet, et leur mélange réservé aux moments de carnaval, appartiennent à une époque révolue qui ne doit plus nous préoccuper davantage. De nos jours un phénomène tout à fait nouveau est à l’origine d’une inquiétude bien plus forte : les moteurs de recherches classent selon la popularité, pas selon la vérité. La requête est devenue la façon dont nous vivons aujourd’hui.